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L'Or des communs

HABITAT GROUPÉ ÉPHÉMÈRE

SITE

PARIS
PETITE CEINTURE

PROGRAMME

UN HABITAT POUR 4 000 PERSONNES

SURFACE

60 000 M²

BUDGET

30 000 000 €

PLANNING

ESQ > EN COURS

ÉQUIPE

ARCHITECTES
DJUNA PATIN
ALEXIS TEISSIER

À Paris, 3 624 personnes vivent aujourd’hui dans la rue1. La volonté politique semble évidente mais sa mise en œuvre l’est moins. L’objectif ambitieux affiché par l’État de trouver un toit aux sans abri de Paris, d’ici 2020, est à ce jour loin d’être atteint.

Pourtant cette volonté politique est dotée de moyens incontestables. En France, un budget de 1,7 milliards d’euros est consacré chaque année à l’habitat d’urgence.

Néanmoins la persistance du problème questionne l’attribution de ce budget. Le recours à l’hôtel représente par exemple un coût de 180 millions d’euros par an sur les 212 millions du budget du Samu social de Paris.

À l’origine pensée comme une réponse occasionnelle visant à absorber les variations de la demande, elle est devenue une réponse structurelle inadaptée : absence de services, incapacité à répondre à l’étendue des enjeux (dommages à long-terme, difficulté à construire une image de soi digne, manque de lien de social), parc hôtelier de plus en plus sollicité et saturé en Île-de-France.

 

Pour éviter que cette urgence des faits ne continue d’appeler une urgence de la réponse, et tout en assumant qu’un logement d’urgence est et doit demeurer un logement de transition, il faut la reconfigurer.

Nous avons cherché à concevoir une architecture recyclable, flexible et nomade, qui pourrait s’intégrer habilement à la cité en occupant ses interstices. Nous nous sommes inspirés de schémas de fonctionnement « intégratifs » des programmes tels que les Grands Voisins : offrir tout à la fois un lieu pour se nourrir, se loger, un retour à la dignité, permettant aux professionnels d’agir, et qui produise en même temps du commun, des formes de groupement originales et économiquement viables.

Nous nous sommes fixés comme contrainte de créer 4 000 places qualitatives supplémentaires pour 30 millions d’euros1. En libérant ainsi le parc hôtelier, une intégration totale devient possible par le transfert des moyens dans l’accompagnement qualitatif immédiat, résorbant durablement une exclusion inacceptable.

Son déploiement complet est réalisable en moins d’un an.

 

VECTEUR D’INTERACTION ET D’INTÉGRATION

Le projet s’organise selon une structure de rue verticale sur plusieurs étages, reproduisant une configuration urbaine familière.

Intégré dans un environnement exceptionnel (végétation sauvage de friche, intégration insolite dans la ville), le projet aurait un fort potentiel d’attraction du public, ce qui favoriserait la mise en place d’une économie locale, sociale et solidaire.

Les habitants pourraient ainsi bénéficier d’un contact étroit avec la ville et ses activités tout en préservant leur intimité au sein d’un environnement remarquable dont ils auraient la fonction de prendre soin.

 

CAPABLE ET OPÉRATIONNEL

Au-delà de la nécessité d’occuper un lit, habiter implique un ensemble de pratiques quotidiennes et collectives.

Le premier étage hébergera ces lieux :

- Accompagnement administratif et déblocage de droits

- Cuisine et lieux de restauration

- Accès aux soins

- Ateliers

- Activités professionnelles éventuelles

- Suivi scolaire

- Services

Les personnes ayant besoin d’un suivi régulier sont logés majoritairement à cet étage pour faciliter l’accès et le travail des associations (suivi médical et administratif).

Seul le théâtre pourrait être envisagé au deuxième étage pour asseoir son caractère manifeste dans la cité.

 

HABITAT GROUPÉ

Les groupements d’habitat proposent des formes adaptées aux multiples situations de vie (personne seule, famille, maladies psychiques nécessitant un isolement, une prise en charge spécifique, etc.).

Avoir la liberté de choisir son groupement et de personnaliser son mode de vie crée la possibilité de se projeter dans une micro-société que l’on participe à construire.

Les groupements sont la matérialisation d’une ville miniature fabriquée à partir de la somme des volontés individuelles de vivre-ensemble.

Ils garantissent en même temps l’intimité et la sécurité réciproque des groupes en question.

Le deuxième étage permettra d’accorder des accès privatifs à chacun de ces groupes, garantissant leurs besoins de regroupement.

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